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Tromperie et ruse pour gravir les échelons, une réalité? (2021)

Tromperie et ruse pour gravir les échelons, une réalité? (2021)

Les employés seraient-ils en mesure de compromettre leurs valeurs pour un gain professionnel ? Nous avons sondé 1 000 personnes pour en connaître la réponse. Voici les résultats.

Olga Żabska
Olga Żabska
Rédactrice experte en recrutement

tromperie au travail

 

Dans l’environnement de travail moderne, une compétition acharnée est rarement reconnue ouvertement. Dans un monde où les entreprises valorisent les principes de communauté et de collaboration, une rivalité explicite n’est pas encouragée.

 

Et pourtant, quels que soient les efforts d’une entreprise pour créer une ambiance familiale au travail, il est évident que la réalité de toute hiérarchie professionnelle est la suivante : tout le monde n’ira pas plus haut.

 

Là où les employés sont encouragés à s’en tenir au règlement, existe-t-il une tendance à user de techniques sournoises ? Le phénomène de s’aventurer dans la zone rouge et d’avoir recours à des méfaits intentionnels pour faire avancer sa carrière est-il répandu ?

 

Nous avons demandé à plus de 1 000 employés de nous dire s’ils compromettraient leurs valeurs morales pour faire avancer leur carrière. Nous avons découvert que la majorité des sondés étaient en accord en considérant certaines manœuvres comme inacceptables, alors qu’une bonne partie des participants étaient coupables d’importantes transgressions. Pour savoir jusqu’où vont les employés pour réussir au travail, continuez de lire.

 

Concurrence entre les employés = compromis moral ?

 

Quels comportements immoraux sont les plus répandus au travail ? Nous avons demandé à nos sondés de nous dire s’ils avaient été engagés dans une conduite douteuse ou s’ils avaient observé un tel comportement chez un(e) collègue.

 

tromperie au travail

 

Cacher un problème constitue le comportement douteux le plus répandu. En effet, presque deux sur trois sondés ont observé cette pratique discutable chez un collègue, ou y ont fait recours eux-mêmes. Faire de la lèche à son boss et mentir à son supérieur ont été presque aussi courants. Ce genre de comportements douteux ont une chose en commun : la volonté d’influencer l’opinion que le manager a sur nous et sur notre travail.

 

Après tout, il est difficile d’admettre auprès de notre supérieur que nous avons commis une erreur, les employés peuvent donc essayer de cacher le problème jusqu’au moment où ils sont en mesure de le résoudre. Curieusement, les sondés qui se considèrent comme « passifs » sont beaucoup plus susceptibles de le faire afin d’éviter la critique. Peut-être qu’ils préfèrent mentir que de faire face à un conflit potentiel, ceux-ci résultant du fait qu’ils ont assumé la responsabilité.

 

tromperie au travail

 

Les résultats de l’étude démontrent une certaine dissonance cognitive. En effet, seuls 27 % disent s’être comportés mal au travail, alors que plus de 50 % admettent avoir recouru à au moins un comportement malhonnête. De plus, 87 % prétendent avoir surpris un collègue à se comporter de manière non éthique, ce qui signifie que l’on est peut-être plus efficace en observant les autres qu’en réfléchissant sur notre propre conduite.

 

Les managers et les senior managers s’avèrent être plus conscients de leurs erreurs. La majorité des répondants appartenant à ce groupe admettent avoir fait quelque chose d’inapproprié au travail au moins une fois. D’un autre côté, peut-être que les personnes au pouvoir sont simplement plus enclines aux dérapages éthiques ? 

 

Par exemple, 57 % des sondés ont vu un responsable ou un manager se comporter de manière non éthique ; or, 20 % ont dit la même chose au sujet d’un patron ou d’un PDG. Malheureusement, les experts suggèrent que la malhonnêteté chez les cadres peut influencer les subordonnés, en provoquant divers problèmes à travers toute l’entreprise.

 

Dépasser les limites de la moralité professionnelle

 

Selon nos résultats, les comportements inappropriés sont assez répandus parmi les employés. Maintenant, quelles pratiques sont vues comme étant complètement inacceptables par la vaste majorité ? Quels sont les comportements que les employés sont prêts à adopter en échange de gains professionnels ?

 

tromperie au travail

 

Le comportement le plus condamné au travail, c’est salir la réputation d’un collègue. Selon presque 9 sondés sur 10, mentir au sujet d’un collègue ou faire blâmer quelqu’un pour sa propre erreur constituent des comportements inacceptables. Les autres formes de mensonges, tels que s’attribuer faussement un mérite, ainsi que mentir au boss ou au client, sont en général jugées comme étant déplorables.

 

tromperie au travail

 

Ce n’est pas que les raisons pour lesquelles on ment au travail soient difficiles à expliquer. Selon les experts, la malhonnêteté au travail découle de motivations bien communes et compréhensibles, telles que la volonté de protéger son emploi. Cependant, ces formes de malhonnêteté provoquent des objections, surtout parce qu’elles peuvent blesser les autres de manière directe. En effet, 38 % des répondants disent avoir être affectés de manière négative par un comportement non éthique d’un collègue. Par contre, les pratiques telles que faire de la lèche au boss ou faire appel à de fausses émotions ne sont pas critiquées si ouvertement. 

 

Peut-être cela ne vient avec aucune surprise que les personnes qui ont décidé de faire recours à des comportements non éthiques au travail sont beaucoup moins nombreuses à les considérer comme étant inappropriés. Parmi ceux qui ont fait de la lèche à leur boss, seuls 18 % trouvent cela comme étant douteux. Laissant de côté l’aspect moral d’un tel comportement, jouer au chouchou du patron est susceptible d’avoir des résultats négatifs, car les experts suggèrent que cela consomme de l’énergie indispensable pour travailler de manière efficace.

 

Indépendamment de leurs objections éthiques, une bonne partie des répondants admettent qu’ils trahiraient leurs principes pour une récompense majeure. Par exemple, 29 % disent qu’ils s’attribueraient faussement un mérite, et 23 % avouent qu’ils deviendraient intimes avec leur supérieur pour obtenir un important avantage professionnel. 15 % prétendent qu’ils iraient jusqu’à voler des informations confidentielles à l’entreprise, ce qui constitue un acte criminel qui peut être puni de prison.

 

Les résultats d’un comportement malhonnête au travail 

 

Franchir les limites morales est-il vraiment dans notre intérêt ? Nous avons demandé aux participants de notre étude si les comportements inappropriés étaient, selon eux, susceptibles d’aider ou de nuire à la carrière d’une personne.

 

tromperie au travail

 

Selon une majorité importante, un comportement non éthique est susceptible de nuire à la carrière d’une personne à long terme. Les personnes accordant de l’importance à la morale personnelle sont les plus nombreuses à avoir une telle opinion. Ceci n’est pas forcément naïf ou idéaliste ; il existe de vrais avantages associés à maintenir de hauts standards de travail. Par exemple, un manager qui se comporte de manière moralement juste peut contribuer à la rétention du personnel, en réduisant ainsi les coûts opérationnels de l’entreprise.

 

tromperie au travail

 

De l’autre côté, beaucoup de répondants ont l’impression que les comportements non éthiques, dont ils ont donné preuve dans le passé, se sont avérés profitables. 80 % des personnes qui ont fait de la lèche à leur supérieur prétendent en avoir bénéficié. Parmi ceux qui ont caché un problème devant leur boss, une faible majorité avoue que cette tactique a été efficace. Est-ce que cela signifie qu’il vaut la peine de mentir ?

 

Même si les comportements immoraux apportent du profit, il est important d’estimer leur coût potentiel, détresse physiologique comprise. Les études démontrent que mentir peut avoir des effets néfastes sur la santé. De plus, se faire prendre à mentir a des résultats négatifs qui ne sont pas uniquement liés au salaire, comme le mépris que l’on ressent de la part de nos collègues.

 

Ce que l’on pense à propos des entreprises et des autres employés

 

Aux yeux des employés, une conduite immorale au sein de l’entreprise est-elle commune ? Les personnes qui ont du succès au travail vont-elles plus haut en raison de leurs actions non éthiques ? Nous avons posé ces questions à nos sondés et avons obtenu des réponses alarmantes.

 

tromperie au travail

 

Plus de 60 % des sondés estiment que le comportement non éthique est commun au sein des multinationales et parmi les PDG de grands groupes. Ce scepticisme s'aligne sur les résultats d’autres études récentes, selon lesquelles on ressent de la peur envers les grandes entreprises. Nos sondés sont moins nombreux à croire que les comportements malhonnêtes sont communs au sein des entreprises de moyenne et de petite taille (bien que l’attitude d’une bonne partie des répondants envers ces types d’établissements est plutôt cynique).

 

La majorité des sondés estiment que les comportements douteux sont communs dans toute entreprise, et 41 % des répondants disent que, parfois, il est inévitable de recourir à ce type de conduite au travail. Dans le contexte de ces découvertes, cela vaut la peine de mentionner que toutes les formes de mauvais comportement au travail n’aboutissent pas à une promotion. Par exemple, gaspiller du temps au travail ou voler du matériel peut être sévèrement réprimandé. De même, les études démontrent que le harcèlement sexuel reste toujours présent au lieu de travail, et cela dans tous les pays.

 

En ce qui concerne l’avancement de carrière, un sondé sur trois estime que leur boss a bénéficié d’un comportement non éthique au travail. De plus, un répondant sur deux est persuadé que de nombreuses personnes parmi celles qui réussissent au travail profitent de leur carrière grâce à des actions immorales. Il semble que tant que ces opinions restent répandues, les employés seront tentés de se comporter au travail de manière inappropriée.

 

Avancer en conformité avec la morale

 

Notre étude démontre qu’il existe un écart important entre les valeurs que les employés prétendent avoir, et leur comportement au travail. Même si les pratiques les plus communes ne sont pas susceptibles de blesser profondément les autres, elles pourraient pourtant favoriser des actions toxiques et malhonnêtes. Au sein des cadres supérieurs, où les petits mensonges font partie du quotidien, une vraie coopération est-elle donc toujours possible ?

 

Malheureusement, beaucoup d’employés ont observé la malhonnêteté parmi les rangs supérieurs de leur entreprise, ce qui les a amenés à conclure que les comportements inappropriés sont souvent profitables. Ces résultats illustrent que l’on a besoin d’une plus grande transparence parmi les cadres. Si les supérieurs parlent ouvertement de leurs propres erreurs, leurs subordonnés seront peut-être plus à l’aise à admettre en avoir commis une. De même, la conduite et le style de la communication de l’entreprise pourraient donner le ton aux actions de l’ensemble du personnel, en donnant un exemple de comportement éthique à suivre par les autres.

 

Heureusement, vous n’avez pas besoin de recourir à des tactiques malhonnêtes pour faire avancer votre carrière. Que votre emploi actuel vous mette mal à l'aise sur le plan éthique ou que vous soyez simplement coincé(e), nous vous aiderons à saisir de meilleures opportunités. Avec Zety, vous pouvez créer un CV et une lettre de motivation parfaits, en gagnant de l’avance sur les autres candidats. Consultez nos outils aujourd’hui et découvrez comment faire une meilleure première impression auprès des employeurs.

 

Méthodologie et limites de l’enquête

 

Les résultats de l’étude ont été obtenus auprès de 1 001 employés à temps plein. Pour assurer des réponses sérieuses, nos répondants ont eu à identifier une question vérifiant leur concentration, et d’y répondre correctement. Nous avons utilisé des quotas d’enquête pour garantir une taille d’échantillon suffisante, celle-ci comprenant des employés de différents niveaux d’expérience et de réussite professionnelle. Parmi les répondants, 470 personnes étaient des femmes, 528 des hommes, et 3 personnes ne se sont pas identifiées comme étant homme ou femme. Le sondé moyen était âgé de 38 ans. 

 

Dans de nombreux cas, les réponses ont été reformulées par souci de clarté et de concision. Ces données reposent sur des déclarations volontaires ; aucune étude statistique n'a été effectuée sur les résultats obtenus. Les problèmes potentiels liés aux données autodéclarées comprennent, entre autres, l'exagération, la mémoire sélective et les erreurs d'attribution de la part des répondants.

 

Déclaration d’utilisation équitable

 

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Olga Żabska
Olga Żabska
Ayant elle-même cherché l'emploi parfait pendant plusieurs années, Olga se met à disposition des utilisateurs de Zety souhaitant décrocher le poste rêvé. Dans ses articles, elle offre aux demandeurs d'emploi ses conseils dans le but de les assister pour la rédaction de leurs propres lettres de motivation et CV exceptionnels.

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